2011 : l’année de la forêt en Val d’Oise ?
Hier, avant prélèvement
Coupe rase en attente de plantation
Les fins d’année sont toujours propices aux bilans. 2011 ayant été déclarée « l’année de la forêt », il m’est apparu nécessaire de faire l’inventaire des différents points qui nous préoccupent ou en attente de concrétisation suite à des promesses faites aux politiques du département.
· Forêts pilotes périurbaines des trois forêts domaniales du Val d’Oise
Le 21 mai 2011 Hervé Gaymard, Président du conseil d’administration de l’Office National des Forêts annonce dans une réunion à L’Isle-Adam sa décision de faire des trois forêts L’Isle-Adam, Carnelle et Montmorency « des forêts pilotes périurbaines en collaboration avec les élus et l’ONF »
7 mois après cette déclaration nous en sommes toujours au stade de la promesse…
· Révision des trois plans d’aménagements
Le 16 novembre 2011 à Saint-Prix, interrogé par Mme Christine GARCIA sur la nécessité de modifier les plans d’aménagements en vigueur le Ministre de l’agriculture Bruno Le Maire a donné son accord pour réviser ces documents en réunissant les élus et les associations.
Je constate qu’à ce jour aucune mobilisation n’a pris corps, et que les dates des comités de gestion patrimoniale ne sont toujours pas arrêtées…
· Quelles sont les orientations contenues dans les plans d’aménagements en vigueur ?
Une augmentation brutale des prélèvements transformant les forêts domaniales en « usine à bois » dont les bénéfices dégagés par la vente du bois devraient se substituer financièrement au désengagement de l’état pour assurer l’équilibre financier de l’Office National des Forêts. [Voir sur le site l’analyse des syndicats du personnel forestier et la déclaration d’une élue au sénat…]
Pour améliorer la rentabilité des prélèvements il est préconisé d’investir dans des machines ultra performantes [déjà utilisées au Canada et dans les pays nordiques] avec comme conséquence la transformation des paysages en forêts, par des plantations adaptées aux machines, coupes rases généralisées, plantation d’espèces à forte rentabilité, plantation comme « des champs de carottes… ».
Il est annoncé sur le site de l’ADEM qu’il faut utiliser des rémanents [bois mort formant l’humus naturel indispensable à la vie des arbres] pour la fabrication de briquettes devant alimenter les chaufferies bois pour les collectivités. Après avoir appauvri le sol, les engrais deviendront indispensables avec les dégâts déjà recensés en agriculture.
Pour s’adapter à l’agriculture intensive, les exploitants ont supprimé les haies, remblayé les fossés, brulé la terre avec les engrais, empoisonné la terre avec les pesticides…. ces modes d’exploitation intensive sont reprises dans les plans d’aménagements au nom de la modernité et de la rentabilité.
· Que trouvons-nous dans le contrat d’objectif et de performance Etat-ONF-FNCOFOR pour la période 2012-2016 qui vient d’être signé ?
- La volonté de transformer un grand service public en marchand de bois au service de sa filière [« le bras armé » comme précisé dans un compte-rendu de France Nature Environnement réseau forêt]
- Un catalogue de bonnes intentions sans les moyens pour les réaliser : suppression de 700 emplois, un financement lié à la vente et aux cours du bois.
Si la sylviculture a besoin de stabilité pour assurer une gestion sur le long terme, ce mode de financement, hélas, ne me parait pas compatible pour répondre aux missions décrites dans ce document.
· Où en est le classement des trois massifs en forêt de protection ?
Cette demande a fait d’une part l’objet d’une motion votée par l’ensemble des communes forestières et d’autre part a été reprise par le Conseil Général. Fin 2010, le préfet a nommé un responsable ayant en charge de préparer ce classement.
Mi 2011 nous avons appris que l’exploitant du gypse en forêt de Montmorency avait déposé un recours au Conseil d’Etat : le classement en forêt de protection ne serait pas compatible avec son activité minière ?
Le jugement devrait intervenir premier trimestre 2012. Il nous a été précisé que le jugement rendu porterait sur les trois massifs du Val d’Oise, le gypse étant présent, [mais non encore exploité dans les forêts de Carnelle et de L’Isle-Adam] dans le sous-sol de nos trois forêts domaniales.
· Quels seront les moyens pour que le comité de suivi écologique puisse continuer ses actions indispensables pour assurer la biodiversité dans nos forêts, et quels seront les moyens pour remettre en état les chemins, les bio corridors, l’accueil du public …
Ces travaux jusqu’à aujourd’hui étaient financés à 50% par le Conseil Général et il a déjà annoncé qu’il serait dans l’obligation de réduire sa participation de moitié. Dans ce cas, l’ONF sera-t-il en mesure de trouver au sein de son budget cette différence, sans pour autant modifier de façon significative son programme d’entretien et de travaux ? Dans ce cas je suis curieux et inquiet de savoir sur quels postes l’ONF va réagir.
Après cette lecture, pensez-vous toujours, comme certains dirigeants politiques, élus, présidents d’associations, que la gestion de nos forêts ne pose pas de problème ?
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Merci de votre engagement.
Alban CHARLET






